Les danses des Highlands

Les danses écossaises des Highlands remontent au 11 et 12e siècles. Bien que leurs origines folkloriques soient enracinées dans les Highlands, elles s’inspirent néanmoins beaucoup du ballet et des quadrilles.
Elles sont athlétiques car, à l’origine, pratiquées par des hommes, guerriers ou soldats, pour montrer leur agilité, leur force, leur endurance et leur précision. Les chefs de clan choisissaient d’ailleurs les meilleurs danseurs comme hommes d’armes.
Ce n’est qu’à l’époque Victorienne, avec le soutien de la Reine Victoria très férue de culture écossaise, que ces danses connaissent un renouveau et commencent à être pratiquées en compétition (mixtes) lors des Highland Games, non plus pour servir à des fins de recrutement mais pour offrir un spectacle tant athlétique qu'artistique avec des pas de danse revus, enrichis (notamment en s’inspirant du ballet) et plus raffinés. Aujourd’hui, les juges notent tout particulièrement l’élévation, la coordination bras-jambes et le respect du tempo musical, mais aussi l’apparente facilité que l’on donne à danser.  



La Highland Fling
(Vidéo : Kaylee Finnegan (Californie) à Cowal en 2014)


La Highland Fling est une des plus anciennes des danses traditionnelles d’Écosse. Bien que l’on prétende aussi qu’elle soit une danse de la fertilité, il est communément admis qu’il s’agit d’une danse de la victoire. 
Elle était pratiquée par les guerriers au-dessus de leur petit bouclier rond au centre duquel une longue pointe était dressée. Il fallait donc une grande dextérité pour ne pas s’empaler le pied. Elle permettait de développer vigueur et agilité pour être capable de combattre sur toute nature de terrain, parfois jonché de cadavres et d’armes tombées pêle-mêle.

La Highland Fling mobilise les muscles de la tête aux pieds et s’apparente à un sprint fait de jeux de jambes complexes où le danseur saute 192 fois tout en exécutant des mouvements de jambes très rapides et très précis en restant sur la pointe des pieds. Les genoux sont tournés vers l’extérieur, les bras sont levés tendus et le tablier du kilt doit rester plat.
Cette danse est supposée imiter le cerf bondissant dans les collines, la position des bras et des doigts figurant les bois de l’animal.



La sword dance (danse des épées)
(Vidéo : Rebecca Thow (Écosse) à Cowal en 2014)


Après avoir défait l’un des généraux de Macbeth à la bataille de Dunsinane en 1054, Malcolm Canmore, futur roi d’Écosse, pour fêter sa victoire et montrer toute sa dextérité, dansa au-dessus de son épée qu’il avait croisée au sol avec celle de son adversaire. Depuis, en sus d’être un exercice pour travailler l’agilité et l’habileté, cette danse d’exultation est devenue une danse de prophétie. La chance accompagnera le danseur dans son prochain grand événement s’il ne touche pas les épées !

Au départ, le danseur tourne autour des épées. On dit qu’il "s’adresse" aux épées, comme si elles étaient vivantes, en leur demandant le droit de danser au-dessus d’elles en en faisant d’abord correctement le tour sans venir les perturber. Ensuite, il danse entre les lames et au-dessus en terminant par le pas rapide après avoir tapé dans ses mains. 
Le danseur tourne dans le sens contraire des aiguilles d’une montre (appelé « widdershins » ou le chemin de la sorcière).
Le choix de danser dans le sens anti-horaire viendrait du fait que l’épée étant portée à gauche, le danseur solo était moins gêné en évoluant dans ce sens. Toutefois, en choisissant ainsi le sens des sorcières, on provoque le diable pour lui faire face et en venir à bout en réussissant un sans-faute synonyme de chance à venir.


La Seann Triubhas
(Vidéo : Marielle Lespérance (Canada - Ontario) à Cowal en 2014)


Seann Triubhas (prononcez « shawn trooz ») est une expression gaélique signifiant 
« Vieux pantalons ».
C’est une danse de célébration du kilt retrouvé, 36 ans après la proscription de son port suite à l’échec du soulèvement de 1745.
Dans la première partie de la danse (au tempo lent), la danseuse secoue les jambes pour se délester du pantalon honni. Vers la fin de la danse, elle claque des mains pour commander au sonneur de jouer plus vite. C’est la partie rapide de la danse où la danseuse, parvenue à se défaire du pantalon et à renfiler son kilt, exprime sa joie de retrouver, enfin, toute sa liberté de mouvement pour danser.
Beaucoup considèrent cette danse comme révélatrice de la capacité d’une danseuse à allier la puissance d’une gymnaste avec la grâce d’une ballerine.


Le reel
(Vidéo : Maegan Sweeney (Canada - Ontario) à Cowal en 2014)


Il existe 4 reels :
 
  • Strathspey and Highland Reel, 
  • Strathspey and Half Tulloch, 
  • Strathspey, Highland Reel and Half Tulloch, 
  • Reel of Tulloch ou Hullachan.

L’histoire raconte qu’elles ont été créées par des paroissiens désireux de se réchauffer par un matin glacial où ils attendaient sur le parvis que le pasteur, en retard, vienne ouvrir l’église. 
Une légende prétend que les paroissiens auraient été vertement réprimandés pour cet acte sacrilège devant l'église et qu'aucun n'auraient survécu à l'année en cours... Si cela avait été, personne n'aurait perpétué cette danse, dont les figures en 8 bras levés et doigts tendus imagent un troupeau de cerfs gambadant dans la vallée et représentant la vie éternelle.

Le “Strathspey”, est supposé être une danse de deuil pratiquée sur le sentier longeant la rivière "Strath" sise dans la vallée de la “Spey". La Highland Reel est une version plus rapide et vivante.